Applications, livres et sites web

Comment savoir si l’on est réellement capable d’identifier un champignon au point de le manger ?
C’est une question cruciale. Bien souvent, les gens sont pressés d’en arriver à cette étape… mais je vous suggère plutôt de la retarder consciemment.

Commencez par acquérir les bases solides de l’identification : morphologie, écologie, toxicité, familles courantes. Et surtout, intégrez-vous à des groupes de mycologues — ils seront vos meilleurs alliés pour progresser en sécurité, valider vos observations et enrichir votre regard tout au long de votre apprentissage.

Bien sûr, vous utiliserez divers outils tout au long de votre parcours. Vous vous demandez peut-être quelles sont les meilleures applications, les livres les plus utiles ou les sites web les plus fiables.

La vérité, c’est qu’il existe autant de sources précieuses que de ressources douteuses — et dans les deux cas, il serait impossible de toutes les couvrir ici.

Cela dit, pour les plus avancé·e·s d’entre vous : si certaines sources vous ont été particulièrement utiles par le passé et mériteraient d’être partagées, n’hésitez pas à me les faire connaître. Elles pourraient enrichir cette sélection et profiter à toute la communauté.

je vous proposerai également des sites créés par d’autres mycologues, chacun avec leur propre choix de ressources. Cela vous permettra de découvrir une variété d’approches et d’élargir vos outils de référence au fil de votre apprentissage.

Commençons par les applications.
Aucune d’entre elles n’est suffisamment fiable pour justifier que vous consommiez ce que vous avez « identifié » avec — que ce soit un champignon ou une plante.

Cela dit, si vous avez entre les mains un livre de 500 espèces et que vous ne savez absolument pas par où commencer vos recherches, la pseudo-précision d’une application peut avoir un rôle utile : vous orienter vers la bonne section du livre.

Inutile de le redire, mais je le fais quand même : si vous en êtes à ce stade, alors oui, une application peut être un outil d’appoint… mais non, vraiment non, vous n’êtes pas encore prêt·e à consommer ce que vous identifiez.

L’un de ses grands avantages est sa connexion directe avec la plateforme iNaturalist. Une fois la pseudo-identification faite par l’application, il est possible de publier l’observation pour qu’elle soit vérifiée ou corrigée par des personnes réelles, souvent spécialistes de ces organismes.

Quelle application favoriser ?
Personnellement, j’utilise Seek, qui couvre un vaste éventail du vivant. Cette application n’existait pas encore lorsque j’ai débuté en mycologie — et aujourd’hui, je n’en ai plus besoin — mais je l’ai trouvée très utile à une époque où je voulais identifier des plantes que je ne connaissais pas, ainsi que des insectes, crustacés ou algues.

C’est donc un outil intéressant pour orienter vos recherches, à condition de rester critique… et de ne jamais l’utiliser comme unique source pour justifier une consommation.

La Fonge du Québec est une application unique en son genre, sans équivalent dans le monde des outils d’identification mycologique. Contrairement aux applications qui tentent d’identifier un champignon à partir d’une simple photo, La Fonge vous offre les outils pour le faire vous-même.

Développée par l’équipe de MycoQuébec, cette application contient une base de données exhaustive de milliers d’espèces de champignons du Québec, accompagnées de descriptions détaillées et de plus de 20 000 photos. Elle intègre également un guide d’identification basé sur des caractéristiques morphologiques discriminantes, couvrant des groupes tels que les amanites, lactaires, russules, hygrophores, hygrocybes, polypores et bolets .

Un autre avantage notable est que, une fois installée, La Fonge fonctionne sans connexion Internet, ce qui la rend idéale pour les sorties en forêt.

Maintenant, parlons des livres.
Pour déterminer si je suis en mesure de consommer un champignon, j’ai développé une méthode personnelle, qui n’est pas infaillible — ce n’est pas une prescription, mais un exemple de rigueur que vous pouvez adapter à votre cheminement.

Je croise toujours mes identifications à l’aide de trois sources différentes, idéalement trois livres d’auteurs distincts. J’inclus également La Fonge dans mes sources — ce n’est pas un livre, certes, mais comme ses informations sont mises à jour régulièrement par des mycologues du Québec, je la considère encore plus fiable que bien des ouvrages imprimés.

Une fois que je suis absolument certaine de mon identification, je demande à une personne qui consomme régulièrement cette espèce de champignon de la valider. Si je passe ce processus trois fois avec succès pour une même espèce, alors — et seulement alors — j’ajoute ce champignon à ma propre banque de comestibles sécuritaires.

Cela dit, je fais de la mycologie depuis des années. Même en suivant un processus aussi rigoureux, si vous êtes encore débutant·e, gardez-vous une marge de sécurité. La prudence est une alliée essentielle en mycologie. Se sentir autonome demande du temps, de l’expérience et de nombreuses validations.

Le Québec regorge d’excellents livres sur les champignons, et il me serait impossible de tous vous les présenter.

Je tiens toutefois à vous en faire découvrir un, qui reste à ce jour mon véritable coup de cœur : Le grand livre des champignons du Québec et de l’Est du Canada.

Ce que j’apprécie particulièrement dans cet ouvrage, c’est qu’en plus d’offrir une vaste sélection d’espèces, il débute par une clé visuelle.

Cette clé est précieuse, surtout pour les débutants : elle permet de repérer rapidement à quoi ressemble le champignon observé, puis de se diriger vers la bonne section du livre pour approfondir l’identification.

Il est essentiel de comprendre qu’on ne peut pas identifier un champignon simplement à partir d’une photo.
D’une part, plusieurs espèces se ressemblent énormément ; d’autre part, un même champignon peut varier selon de nombreux facteurs : s’il pousse à l’ombre ou au soleil, dans une région particulière du Québec, s’il doit soulever des racines pour émerger… ou même selon des critères encore mal compris.

C’est pourquoi une identification fiable repose sur la lecture attentive des descriptions. Et pour cela, il est crucial d’apprendre le vocabulaire spécifique utilisé dans les ouvrages de mycologie.

Une fois cette base acquise, vous pourrez alors choisir vos livres avec discernement et mieux en tirer profit. Pour aller plus loin, je vous proposerai une sélection de sites de mycologie qui présentent leurs propres choix de livres. Cela vous permettra non seulement d’élargir vos ressources en terme de livres mais aussi en terme de site et d’acteurs du milieu.

Cliquez sur les images pour découvrir les sites.

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